Après la boutique Camino de la rue Vasselot, on vous emmène juste à côté, rue Jules Simon, à la rencontre de Justine qui tient le café cantine raisonné Les Invisibles.

« Depuis le lycée, je n’avais qu’une envie, c’était d’ouvrir mon salon de thé. Je ne sais pas trop pourquoi, ni d’où ça vient, mais ça a toujours été présent en moi, et tout le monde autour de moi m’imaginait bien dans ce projet-là. » Sa passion pour les gens et la cuisine semble tellement animer Justine qu’on a du mal à croire qu’elle a pu faire autre chose avant. Installés sur la terrasse des Invisibles, elle nous raconte son parcours.

« J’ai fait des études dans l’événementiel. Ensuite j’ai voulu me faire une expérience en entreprise, je me trouvais trop jeune pour ouvrir ma propre affaire. J’ai travaillé pour deux entreprises , dont la dernière qui organisait des événements pour des agriculteurs. Même si j’ai toujours baigné dans le bien manger, dans le potager, ça m’a vraiment permis de découvrir toute la richesse du terroir français. Puis deux de mes collègues ont quitté l’entreprise. Je me suis dit que c’était un signe. » Justine retrouve alors Margot, une amie avec laquelle elle avait déjà évoqué l’idée de ce projet. Toutes les deux passent et obtiennent leur CAP Pâtisserie en 2019.
Ensemble, elles effectuent toutes les démarches. Puis trouvent un local en juillet 2019 et ouvrent leur restaurant le 27 janvier 2020, avec l’aide d’une cheffe cuisinière (Justine, elle aussi). « L’ouverture se passe bien, puis le confinement arrive. Ça ne nous a pas vraiment stoppées, on a fait des brunchs à emporter à partir de mai et ça a vraiment bien fonctionné.« 

En juin 2021, Margot quitte l’aventure pour partir vers de nouveaux horizons et Justine récupère seule la gérance de l’ébalissement. Depuis, elle est épaulée par Hugo qui a rejoint l’équipe. « Avec Hugo et Justine, je suis vraiment chanceuse. On forme une équipe dynamique, soudée. »

Une cuisine responsable tournée vers le local

Dès le départ, l’idée de Justine était très claire. La cuisine se devait d’être locale et engagée. « Côtoyer le terroir pendant 4 ans, ça m’a ouvert les yeux. Je ne pouvais pas acheter des produits chez des grossistes et les servir aux clients. J’ai tout de suite voulu travailler avec des agriculteurs et des producteurs locaux. Aujourd’hui on collabore avec une quarantaine de producteurs qui nous fournissent une multitude de bons produits : porc, jus de fruits, cidre, cerises, huile d’olive… »

Une option qui aurait pu paraître coûteuse, surtout pour un démarrage. « Il faut tordre le cou aux idées reçues. Acheter en local, ça ne coûte pas plus cher, c’est même parfois moins cher. Ça nous permet en plus d’avoir une relation de proximité avec nos producteurs, de mieux comprendre comment ils travaillent. Et c’est un vrai plaisir de travailler avec ces produits. Ça nous permet de montrer qu’il n’y a pas que les restos gastronomiques qui peuvent le faire. »

Chez les Invisibles, vous êtes attendus en semaine pour le petit-déjeuner, le déjeuner, ou le goûter. Le week-end, pour le goûter ou le brunch (sur place ou à emporter). De la tartinade aux lasagnes, en passant par la salade végé, la carte respire les bons produits de saison (consultable sur leur site internet).

Pourquoi Les Invisibles ?

C’est vrai ça. Pourquoi, Justine ? « Il y a 3 raisons. La première, ce sont les producteurs locaux, qui sont souvent oubliés et pas mis en avant dans les restaurants. Ce sont des gens passionnés et qu’on essaie de mettre en avant dès qu’on le peut. Sur le site, les réseaux sociaux, et avec des portraits dans le restaurant. La deuxième raison, ce sont les cafés suspendus. Le principe, c’est de payer un café ou un en-cas en avant, pour une personne dans le besoin (des SDF mais aussi des étudiants, des retraités…). On a fait 1000 cafés suspendus en 2 ans. »
La troisième raison ? « Toutes nos actions zéro déchet, et nos petits gestes pour la planète, qui peuvent paraitre un peu invisibles mais qui font toute la différence. On fait du compost avec les « Rennes du compost », on collabore avec « En boite le plat » qui propose des boites consignées pour les vente à emporter, et on réduit au maximum l’emballage avec nos fournisseurs (cagettes, lait dans des bouteilles en verre…). Puis on fait aussi attention à la saisonnalité des produits. C’est pour ça qu’on ne servira jamais des tomates en hiver. »

Des projets pour avancer

Pour continuer d’avancer, Les Invisibles ont rejoint le collectif Nourritures. Un collectif qui rassemble une vingtaine de restaurateurs rennais qui souhaitent s’engager pour une gastronomie plus durable et en mouvement. « L’idée c’est de se parler entre nous, d’unir nos forces pour faire évoluer les choses. On a chacun des compétences, on doit réunir tout ça. » Le collectif est composé de plusieurs commissions : fournisseurs, événements, vie d’entreprise… « On se réunit en petit comité sur chaque sujet pour mieux avancer. » Le collectif Nourritures sera à retrouver prochainement, puisqu’ils organiseront le prochain Marché à Manger du 3 avril.

Toujours à l’affût de nouveaux concepts et de nouvelles idées, Les Invisibles sont aussi présents sur « Food Mood Tour », un site qui propose depuis peu de s’inscrire pour une tournée de 6 restaurants en 3 heures. Chouette idée.

Une démarche responsable, des produits frais et de saison, un vrai respect des producteurs… Les Inivisibles ont tout pour plaire. On vous invite à pousser la porte de leur café cantine dès que possible. Pour défendre leur démarche, et pour les aider à mal porter leur nom.


Les Invisibles – Café cantine à Rennes
rue Jules Simon 35000 Rennes – J’y vais !
Le site web des Invisibles
L’Insta des Invisibles
Le Facebook des Invisibles
Les horaires : 8h-18h les lundi, mardi, jeudi et vendredi. 10h-18h le samedi. 10h-15h le dimanche. Fermé le mercredi.